Salut. Ce blogue est une partie intégrante de mon apprentissage du français. Je suis bien conscient qu'il y a d'erreurs ici et je vous remercierai pour toutes corrections.

lundi 15 juin 2009

François Villon, Ballade de Mercy

En 1461, pendant que Vlad III l'Empaleur, alias Dracul, se battait avec Mehmed II, fils de Murad ; pendant que la Horde d'Or pillaient les alentours de Moscou ; cinq ans après Johann Gutenberg a imprimé le Vulgate ; trente ans après Joan d'Arc a été exécuté ; pendant que Christophe Columb avait dix ans et jouait avec bateaux petits ; pendant ce temps-là, quatre cents ans avant Apollinaire, François Villon ceci écrivait :

Ballade (de Mercy)

A Chartreux et a Celestins,
A Mendïans et a Devoctes,
A musars et clacque patins,
A servans et filles mignoctes
Portans seurcoz et justes coctes,
A cuidereaux d'amour transsiz
Chauçans sans mehain fauves boctes,
Je crye a toutes gens mercys.

A fillectes monstrans tetins
Pour avoir plus largement hostes,
A ribleurs, menneurs de hutins,
A batelleurs, trayans mermoctes,
A folz, folles, a sotz, a soctes,
Qui s'en vont cyfflant six a six,
A vecyes et marïotes,
Je crye a toutes gens mercys.

Synon aux traitres chiens matins
Qui m'ont fait ronger dures crostes,
Macher mains soirs et mains matins,
Que ores je ne crains trois croctes.
Je feisse pour eulx petz et roctes;
Je ne puis, car je suis assiz.
Auffort, pour esviter rïoctes,
Je crye a toutes gens mercys.

C'on leur froisse les quinze costes
De groz mailletz, fors et massiz,
De plombees et telz peloctes !
Je crye a toutes gens mercys.

Quelque peu époustouflant, non?

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